Le régime hypotoxique, un nouveau régime à la mode ?

Le régime hypotoxique est-il une mode alimentaire de plus ? Je ne dirais pas ça, non. Plutôt un mode de vie qui remet en question nos habitudes alimentaires et, si on est un peu curieux.ses, toute la filière agro-alimentaire. Je vous explique.

Les bases du régime hypotoxique

Encore peu connu, le régime hypotoxique est mis au point par le Docteur Seignalet dès 1985. Il publie ensuite « L’alimentation ou la troisième médecine«  en 1996, livre dans lequel il développe ses théories du comment et pourquoi l’alimentation moderne dénaturée serait en cause dans de nombreuses maladies d’inflammation chronique.

Dès lors, Jean Seignalet promeut la suppression des céréales mutées, des produits laitiers d’origine animale et des aliments cuits à haute température, et préconise de se rapprocher d’une alimentation de chasseurs-cueilleurs : du frais, du cru et, s’il le faut, des cuissons douces.

Le régime hypotoxique, un nouveau régime à la mode ?

L’alimentation moderne, avec ses molécules transformées, est devenue difficile à digérer chez les personnes prédisposées.

La théorie du docteur Seignalet, et donc son régime, s’appuient sur 3 points essentiels :

Premier point : le problème du gluten

Les céréales ont subi plusieurs mutations dites majeures depuis les débuts de l’agriculture, et les transformations moléculaires (OGM) se sont accélérées ces dernières décennies.
C’est particulièrement vrai pour le gluten, de plus en plus utilisé dans l’agroalimentaire.
De plus, les préparations à base de farine de céréales requièrent une cuisson à température élevée (plus de 110°C), ce qui déclenche l’apparition de glycotoxines (voir plus bas).

Deuxième point : laissons le lait animal… à l’animal !

La composition moléculaire des laits animaux est très différente du lait humain ; chaque lait est en fait adapté aux besoins de son « bébé ». Ces molécules ne sont pas forcément acceptées par tous les estomacs humains, voire même carrément rejetées par les intolérants.
De plus, l’alimentation des vaches laitières surexploitées est transformée au delà du raisonnable ! (je vous parlerai une autre fois du témoignage d’un industriel de l’agroalimentaire Christophe Brusset).

Troisième point : ce bon vieux Maillard

Une cuisson au dessus de 110°C provoque la formation de molécules complexes et potentiellement toxiques ou cancérigènes : les glycotoxines.
C’est la réaction de Maillard, bien connue depuis plus d’un siècle (lire l’article sur la cuisson douce).
Pour ne rien arranger, les glycotoxines sont difficiles à « découper » pour nos enzymes digestives et participeraient aux difficultés de notre appareil digestif.

Le régime hypotoxique, un nouveau régime à la mode ?
Elle est pas belle mon enzyme ?

Les conséquences de l’alimentation moderne sur le corps

L’alimentation moderne malmènerait notre intestin grêle. Lui, c’est l’organe qui, après l’estomac, est chargé de poursuivre la digestion des aliments grâce à ses enzymes.

Quand tout se passe bien, les aliments sont divisés en molécules plus simples, les nutriments : c’est la nourriture adaptée à nos organes. Ces nutriments passent tranquillement la barrière intestinale et vont remplir leurs missions. Ce qui n’est pas assimilable est évacué. Super simple !

Sauf que… on parle de plus en plus d’hyperméabilité de l’intestin (ou porosité intestinale). Et ça, ça poserait problème…

L’hyperméabilité de l’intestin, c’est quoi ?

Face à des molécules de plus en plus modifiées et complexes, le travail des enzymes devient incomplet.

Toutes les molécules alimentaires ne sont plus « coupées » en molécules simples, ce qui favorise une augmentation des bactéries nocives et une accumulation de déchets dans l’intestin grêle.

La muqueuse intestinale ainsi agressée laisserait passer dans la circulation générale des molécules bactériennes ou alimentaires, dangereuses.
Celles-ci « pollueraient » nos organes et déclencheraient chez certaines personnes de nombreuses maladies.
L’alimentation moderne serait ainsi un facteur environnemental s’ajoutant au facteur génétique dans l’apparition d’une maladie chronique.

La preuve la plus flagrante de la répercussion de notre alimentation sur notre santé est l’importante accélération de certaines maladies ces dernières années, comme l’obésité et le diabète de type 2 (pour ne citer que celles-là).
Pour ces deux maladies, une mauvaise alimentation, liée à des caractères génétiques, est un réel facteur de risque.

Changer son mode de vie grâce son alimentation

La première étape est donc de privilégier les aliments simples, plus sains pour notre corps. Le régime Seignalet permet un comportement alimentaire plus sain en privilégiant la qualité des produits plutôt que la quantité.

Souvenez-vous : du frais, du cru et, s’il le faut, des cuissons douces.

Alors oui, c’est vrai, les produits transformés nous permettent un gain de temps apprécié dans un monde où on court partout et où 24 heures dans une journée ne semblent plus suffire.

Mais « rythme de vie effréné » n’est pas forcément incompatible avec « manger correctement ».

Mes courses sont de plus en plus rapides !

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis intolérante au lactose depuis l’enfance. Quand je faisais mes courses, j’avais donc déjà l’habitude d’ignorer les rayons du lait, de la crème fraîche et des desserts lactés.
Lorsque j’ai commencé à adopter une alimentation hypotoxique, dans mon petit supermarché, j’ai fini par zapper aussi le rayon des fromages, celui des pâtes, le pain et les biscuits, les friandises, et même la charcuterie.

Pour les autres produits alimentaires, je me suis mise à lire attentivement les étiquettes. Un gain de temps ? Pas sur le court terme, je l’admets.
Mais au fil des semaines, cela m’a permis de faire un grand tri, et de laisser tomber les aliments renfermant des protéines de blé ou de lait (ou les deux) : le jambon, les plats préparés en conserve, les amuse-gueules, les sirops (trop de sucre), etc.

Du coup, mes courses se sont résumées à : un tour au rayon fruits et légumes, un paquet de riz, éventuellement un coup d’œil à la viande, quelques œufs, et hop ! passage en caisse. Facile !

Mais acheter des fruits et légumes venant de l’autre bout du monde me dérangeait de plus en plus… J’ai donc changé aussi mes habitudes.

Je vais maintenant régulièrement dans une petite boutique très sympathique du centre ville. J’y trouve des fruits et légumes de saison et locaux, des œufs bio, du riz et du quinoa en vrac, bref, de quoi satisfaire mes envies et mon éthique. Et en plus, les propriétaires sont adorables et plein de bons conseils !

Finalement, ce régime a non seulement permis de soulager mes douleurs, mais aussi de faire correspondre mes achats à ma vision d’un monde respectueux de l’être humain et de la nature. Il s’inscrit dans la recherche d’un mode de vie plus proche de mes valeurs. C’est-y pas merveilleux ?

Sources :

https://www.seignalet.fr/fr/le-regime-seignalet/comprendre-le-regime/la-methode-seignalet.html
https://fr.vikidia.org/wiki/Intestin_gr%C3%AAle
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9action_de_Maillard
https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/obesitehttps://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/diabete/documents/rapport-synthese/le-poids-du-diabete-en-france-en-2016.-synthese-epidemiologique

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